cartolina_extrait

15 février.
La nuit tombe, les molécules d’air sont moites et sucrées.
16 février.
Je retrouve Hiêu après trois ans. Nous prenons un café glacé dans un espace climatisé. Pendant qu’il me donne des nouvelles fraîches de lui et de ses parents, je ne peux m’empêcher de regarder son unique poil au menton qu’il se laisse pousser.
18 février.
Je coupe en deux un fruit du dragon. J’en mange la moitié. L’autre, je le dessine.
18 février.
L’obscurité est chassée, petit à petit, par la lumière des néons froids clignotants, par les images plates des écrans. Les ombres se retirent des rues tout comme l’épaisseur de la pensée, de la rêverie. Les fantômes sont expropriés.

(extrait de la Cartolina da Saigon, bientôt dans le magazine d'actualité italien Internazional)